Jules de Gaultier a tenu
une place importante dans la vie de Palante. Le nom du penseur du
Bovarysme apparaît en effet très
régulièrement sous sa plume.
Jusqu'en 1922, Palante ne
tarit pas d'éloges sur l'œuvre de celui qui fut son
prédécesseur au Mercure de France pour la tenue de la
chronique philosophique.
En 1922, pourtant,
à l'occasion de la parution d'un nouveau livre de Jules de
Gaultier : La philosophie officielle et la philosophie, Palante
change de ton et se montre relativement critique. S'ensuit une
querelle entre les deux hommes qui s'insultent par articles
interposés jusqu'à ce que Gaultier, qui s'estime
offensé, provoque son adversaire en duel.
Lorsque en 1912
paraît La Philosophie du bovarysme, Palante est donc encore
pleinement séduit par la pensée de J. de Gaultier. Par
contre, lorsque le livre reparaît en 1924, la situation est
tout autre. Pourtant, Palante n'en modifie pas le moindre mot. Cela
est d'autant plus surprenant que, quasiment dans le même temps,
Palante, en manque de tribune pour clamer sa colère contre son
ancien ami, publie un pamphlet de 22 pages intitulé : Une
polémique interrompue... ou le bovarysme : un bluff
philosophique. Cette réédition à l'identique de
la Philosophie du bovarysme s'est-elle faite contre l'avis de Palante
? Avec son accord ? Nul ne le sait.